Costume pour un mariage civil : une tenue de jour, et l’occasion d’oser

Costume pour un mariage civil : une tenue de jour, et l’occasion d’oser

La mairie demande une tenue de jour, pas celle du soir. Elle laisse aussi au marié plus de liberté sur la couleur et la coupe qu’aucune autre cérémonie, à condition de caler la commande sur sa date.

Le passage à la mairie se prépare souvent en dernier. Il paraît secondaire à côté de la cérémonie et de la fête, alors qu’il est le seul moment obligatoire de la journée, et souvent celui qu’on photographie de plus près. Ses règles sont plus souples qu’on ne l’imagine. Une tenue de jour, aucun protocole imposé, et la liberté d’une couleur ou d’une coupe qu’on n’oserait pas ailleurs. Seule sa date ne se négocie pas : elle commande toute la fabrication.

Une tenue de jour, pour une célébration courte et vue de près

Le mariage civil se célèbre en journée, dure rarement plus d’une demi-heure et se vit à quelques pas des témoins et du photographe. Il appelle un costume de jour dans un drap mat, de n’importe quelle couleur hormis le noir.

Les mairies célèbrent en journée, le plus souvent le matin ou en début d’après-midi. La tenue suit donc la lumière du jour. Le smoking, vêtement du soir par définition, y paraît déguisé. Le costume noir apporte une gravité de bureau ou de deuil qui n’a rien à faire là, et l’article consacré à la couleur du costume de mariage le déconseille déjà pour les cérémonies de jour.

Tout s’y passe de près. Le oui de chacun, la signature du registre, l’échange des alliances quand l’officier le propose, puis les félicitations : personne n’est à vingt mètres, comme sous une nef. Une manche trop longue ou un col qui bâille se remarquent.

Côté drap, une laine mate qui montre un peu son tissage se photographie bien dans la lumière mêlée d’une salle des mariages, souvent éclairée par de hautes fenêtres et par des lustres. Une flanelle, un natté (hopsack en anglais) ou une serge fine en Super 110s conviennent. Les draps au reflet satiné renvoient la lumière par plaques. Sur les photos, ils brillent.

Astuce tailleur : Un drap autour de 280 grammes au mètre traverse presque toute l’année : assez léger pour une salle chauffée en janvier, assez dense pour ne pas garder les plis d’une cérémonie passée assis. Les laines très légères, autour de 240 grammes, se froissent vite dans une pièce pleine.

Question fréquente : Quelle tenue pour un mariage civil homme ?
Un costume deux ou trois pièces, ou une veste dépareillée sur un pantalon de laine, avec une chemise de ville et des souliers de cuir. Toutes les couleurs s’y prêtent, du bleu marine au beige en passant par le vert foncé ou le chocolat. Seuls le smoking, vêtement du soir, et le costume noir, trop grave pour une célébration de jour, sont à écarter.

Jeunes mariés main dans la main dans une rue de Paris, lui en costume gris, elle en robe courte blanche, RIVES Paris
Marié en costume trois pièces vert sombre et mariée en blouse et jupe blanches, dans un intérieur aux boiseries, RIVES Paris

La mairie, l’occasion d’oser la couleur

Sans liturgie ni code vestimentaire imposé, la mairie laisse au marié une liberté qu’il trouve rarement ailleurs. Le bleu marine et le gris restent sûrs, mais le vert foncé, le chocolat ou le beige y trouvent leur meilleur terrain.

À l’église, le marié compose avec un lieu, des usages, parfois une famille. En mairie, rien de tel. L’officier d’état civil ne regarde pas les revers, et le choix revient entièrement au couple.

Les tenues de mariage civil de la maison en donnent la mesure. À côté des trois pièces bleu marine et gris moyen, on y trouve un trois pièces vert foncé, des croisés beige, chocolat ou en flanelle gris clair, un blazer gris clair à trois boutons. Ces couleurs se défendent à tout mariage. La mairie, en plein jour, leur va particulièrement.

En hiver, les tons riches et les draps nourris tiennent mieux la lumière basse : un chocolat, un vert foncé, une flanelle grise. Aux beaux jours, les tons s’éclaircissent et les matières respirent, du beige au gris clair, jusqu’à une veste de lin bleu clair pour une mairie de juillet. Elle marquera des plis dès la signature : c’est le prix de sa fraîcheur. Le gris moyen passe toute l’année.

Pour qui préfère le classique, le bleu marine convient mieux que le bleu nuit, teinte distincte réservée au soir, et le gris moyen mieux que l’anthracite.

Question fréquente : Peut-on porter un costume noir pour un mariage civil ?
Mieux vaut l’éviter. Le noir est un costume de bureau, de dîner et de deuil, et sa gravité tranche avec une célébration de jour. Si la garde-robe n’en compte pas d’autre, une chemise bleu très clair et une cravate claire l’adoucissent, mais un gris moyen ou un bleu marine resteront plus justes.

Trois pièces ou croisé, deux façons de tenir la journée

Le gilet donne au trois pièces un air de cérémonie sans tirer vers le soir, et permet de quitter la veste au vin d’honneur. Le croisé marque l’occasion par sa seule coupe, mais se garde boutonné toute la journée.

Plusieurs tenues civiles de la maison sont des trois pièces, et pour une bonne raison. Le gilet habille sans alourdir. Quand la mairie s’enchaîne avec un déjeuner ou un vin d’honneur, la veste finit tôt ou tard sur le dossier d’une chaise. En gilet, le marié reste habillé. En chemise, il ne l’est plus.

Encore faut-il que le gilet couvre la taille du pantalon, sans quoi un triangle de chemise apparaît dès que les bras se lèvent pour une embrassade. Un pantalon porté à la taille naturelle règle la question. Avec des pattes de serrage plutôt qu’une ceinture, il ne laisse aucune boucle dépasser sous la pointe du gilet.

Le croisé marque l’occasion autrement, par sa double rangée de boutons, et tient la silhouette jusqu’au soir. Il impose en revanche une contrainte que l’article sur le costume croisé rappelle : il se porte boutonné, même assis. Dans une mairie où l’on se lève et se rassoit plusieurs fois, mieux vaut l’avoir vérifié à l’essayage, assis sur une chaise.

Costume trois pièces gris sur-mesure porté avec une chemise blanche et une cravate sombre, en pied devant des boiseries blanches, RIVES Paris
Marié en veste bleu marine et pantalon gris, mariée en robe courte en dentelle, à la sortie d'un bâtiment en pierre, RIVES Paris

La veste dépareillée, et le cas des deux dates

Une veste dépareillée au drap bien marqué fait une tenue de mairie juste, pour l’invité comme pour le marié. Elle devient la meilleure réponse quand la mairie précède la fête de plusieurs semaines.

Veste et pantalon doivent différer assez pour que personne ne les prenne pour les deux moitiés d’un costume. Un natté bleu marine ou un tweed léger tiennent seuls, leur tissage suffit à les distinguer, et un pantalon de flanelle grise leur va à tous deux. L’article consacré à la veste dépareillée détaille ces accords.

Pour un invité, elle est souvent la tenue la plus juste. Elle marque l’occasion, cède au marié le privilège du costume complet et resservira au bureau comme au dîner.

Le cas se présente souvent à Paris : la mairie impose ses créneaux, le lieu de réception les siens, et les deux dates tombent à plusieurs semaines d’écart. Un samedi matin en mairie en petit comité, une grande fête un mois plus tard. Une seule tenue pour deux moments aussi différents en sert mal au moins un. Réglée sur la soirée, elle paraît lourde à la mairie. Réglée sur la mairie, elle manque d’éclat le soir.

Mieux vaut deux tenues qui partagent une pièce. Un costume pour la fête, dont le pantalon sert aussi sous la veste dépareillée de la mairie. Une veste en plus coûte moins qu’une seconde tenue complète, et le marié portera l’une et l’autre longtemps après.

Question fréquente : Faut-il deux tenues quand la mairie et la cérémonie sont séparées ?
Deux tenues valent mieux qu’un compromis, sans être deux costumes complets. Une veste dépareillée pour la mairie et un costume pour la fête, autour d’un pantalon commun, couvrent les deux dates. Elles se commandent ensemble, sur le même patron.

Le calendrier se cale sur la date de la mairie

Comptez deux mois en moyenne entre le premier rendez-vous et la remise du costume, et de préférence trois avant un mariage. Le point de départ est la date de la mairie, pas celle de la fête.

L’atelier compte trois rendez-vous, quatre avec une toile. Le premier sert à la prise de mesures. L’essayage arrive cinq à six semaines plus tard, trois à quatre de plus si une toile a été montée avant. Les ajustements finaux prennent ensuite de 24 heures à 10 jours. L’article sur le temps nécessaire à un costume sur-mesure détaille chaque étape.

Prendre contact au moins deux mois avant le mariage, trois de préférence. Cinq semaines de fabrication suffisent en temps normal, mais il faut y ajouter le choix du drap, puis l’essayage et ses retouches. En urgence, une tenue entière peut sortir en quinze jours, sauf en juillet et en août, et l’atelier étudie au cas par cas les délais de dix jours à un mois.

L’atelier ferme fin décembre et en août. Une commande qui traverse l’une de ces fermetures glisse d’autant, et l’activité culmine de mars à juillet, en pleine saison des mariages. Concrètement, une mairie de fin mai se prépare dès février. Pour une mairie de janvier, mieux vaut lancer la commande dès octobre, puisque la fermeture de fin d’année tombe en plein parcours.

Quand il y a deux tenues, elles se commandent ensemble et se calent sur la date de la mairie, puisque le pantalon commun doit être prêt pour elle. Le patron établi à cette occasion est ensuite archivé pour les commandes suivantes.

Astuce tailleur : Appeler la mairie avant de réserver à l’atelier. À Paris, les créneaux de célébration se prennent souvent plusieurs mois à l’avance, et la date obtenue, non la date espérée, fixe le départ de la fabrication.

Mains d'un tailleur tenant un mètre ruban, pelote à épingles au poignet, RIVES Paris
Détail d'une veste en lin bleu clair portée main dans la poche, avec une pochette blanche, RIVES Paris

Les détails que la mairie montre de près

À un mètre de l’objectif, la longueur de manche et l’aisance du dos se voient davantage que la couleur du drap. Ces deux points se règlent à l’essayage.

Les alliances se photographient de près, mains tendues. Le cadrage montre la manchette et le bas de la manche. Une manche qui laisse paraître un centimètre à un centimètre et demi de chemise donne une image nette. Trop longue, elle avale le poignet et fait paraître la veste empruntée.

Au moment de signer, les mariés et les témoins se penchent sur une table, souvent de trois quarts. Le haut du dos travaille alors, et une veste qui tire entre les omoplates se remarque sur les photos. Elle manque d’aisance dans le dos, ou ses emmanchures sont trop basses. Les deux se vérifient à l’essayage, penché sur une table comme pour signer.

Viennent les félicitations, un quart d’heure d’embrassades qui met le col de chemise à l’épreuve. Une chemise au col bien entoilé, avec des baleines, tient sans s’affaisser. Une pochette de lin blanc, pliée droite, éclaire la poitrine, même sur une veste claire.

La cravate marque le moment et tient le haut des photos : une grenadine ou une soie mate, plutôt qu’un satin qui brille sous les lustres. Le col ouvert se défend aussi, pour le marié comme pour l’invité, si le col de chemise a assez de corps pour tenir seul sous le revers.

Astuce tailleur : Une veste de marié gagne à recevoir une vraie boutonnière de revers, ouverte, avec une petite bride de fil au dos du revers pour retenir la tige de la fleur. Sur beaucoup de vestes de confection, elle n’est que simulée, et inutilisable le jour même. Elle se prévoit à la commande.

Commencer par la date de la mairie

Le mariage civil demande une tenue de jour, dans un drap mat, et donne au marié une grande liberté de couleur et de coupe. Il demande aussi d’être traité comme une date à part entière.

Le drap et la couleur se choisissent vite. Le calendrier se rattrape plus mal. Un couple qui obtient sa date de mairie trois mois à l’avance commande sans courir. À six semaines, il faut passer par un délai resserré, accordé au cas par cas, et renoncer à la toile.

Conseil final : Venir au premier rendez-vous avec la date obtenue à la mairie, son heure et, s’il y en a une, la date de la fête. Le reste se décide sur place, à commencer par la couleur.

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